Les Brèves de la CFTC-Douanes
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A qui le tour ?

L’avenir est bien incertain. Vous me direz que c’est là énoncer une évidence ; puisque par définition l’avenir, étant devant nous, n’a pas plus de consistance et même encore moins que le passé, qui lui n’existe plus ; seul l’instant présent est réel et tangible.

Certes ; mais cependant, à une époque pas si reculée, il était encore permis aux gens de faire des projets, à échéance assez lointaine, de s’imaginer un déroulement de vie privée et professionnelle sur de longues périodes, de construire leur vie et de prendre leurs décisions sur une idée assez fiable de ce que l’avenir pourrait leur réserver.

Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui de l’aveu même d’un DI des Douanes, « on ne peut plus raisonner au delà de cinq ans ». Cinq ans, c’est court ; c’est déjà demain. Tout s’accélère à un rythme effréné ; plus rien n’est prévisible.

Imaginez la surprise d’agents des Douanes qui voient un jour des géomètres se présenter dans leurs locaux de travail et commencer à mesurer les surfaces ; aux questions posées par ces agents, les géomètres répondent poliment que puisque leurs locaux vont être vendus, il faut bien en connaître la superficie. Première nouvelle ! La décision vient d’être prise, en quelques semaines, quelques jours, si vite que la hiérarchie n’a même pas eu le temps de l’annoncer à ses agents. Il n’y a plus qu’à commencer les cartons, mais pour aller où ? Personne ne le sait encore. Ceci est une histoire vraie.

Imaginez une mère de famille de trois enfants qui s’imaginait depuis bien longtemps prendre sa retraite après avoir totalisé quinze ans de service. En quelques semaines, quelques mois, une nouvelle loi déboule, son projet de vie s’écroule, il n’y a plus qu’à tout repenser, tout organiser, dans la plus grande précipitation.

A qui le tour ? Demain, après-demain, n’importe qui d’entre nous peut voir ses projets d’avenir bouleversés par une décision administrative, gouvernementale, complètement imprévisible, irrationnelle, et à laquelle surtout personne ne participe parmi les principaux intéressés. La machine s’emballe d’un coup et les hommes, qu’ils soient méritants ou non, agents de bonne ou de mauvaise volonté, ne sont plus maîtres de leur destin.

Pour la CFTC, tout ceci n’est pas raisonnable. Nous avons tous besoin, pour nous épanouir dans la vie, d’un minimum de stabilité et de capacité à nous projeter. La Fonction Publique n’est plus aujourd’hui épargnée par ces soubresauts et ces hoquets socio-économiques qui nous dépassent. Pouvoir être acteur de son propre devenir, cela fait pourtant tout simplement partie de la dignité humaine.

Aujourd’hui comme toujours, nous aurions besoin d’avoir un peu de confiance. Mais en qui ? En quoi ?

CFTC-Douanes : sur un autre ton.